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jeudi 2 novembre 2017

Finition d'encolure par un galon cousu tissé.

C'est quelque chose que j'ai dans l'idée de faire depuis que j'ai commencé la reconstitution et je n'avais jamais pris le temps de le faire.

Une des finitions que l'on retrouve décrite dans le medieval textile and clothing des fouilles de Londre ainsi que par Marc Carlson et dans les pièces retrouvées à Herjolfsnes est le galon tissé à même la bordure.
Il est souvent en tissage à carte mais peu aussi être en tissage simple.

Ayant un col à réaliser lors d'une sortie (Senlis) avec ma nouvelle troupe les Pérégrins , j'ai décidé d'en profiter pour tester cette technique.

Le matériel :


Des forces pour couper le col et les fils
Des fils de lin et de la cire (Moi et la merlette d'Azur)
Une aiguille en laiton de chez Agénor
Une pierre à aiguiser fine
Un dé à coudre (en bronze issu de fouilles)
Un peigne à tisser (ce n'est pas nécessaire mais j'avais envie d'utiliser mon mignon peigne)
Un tassoir (l'aiguille est un peu souple et ne peu donc pas servir pour tasser mais les doigts fonctionnent aussi)
Le vêtement
De la soie (de chez Micky achetée directement sur place)


La réalisation :

Tout d'abord, j'ai coupé mon col et je l'ai surfilé de façon invisible avec mon fil de lin afin que la soie et la laine soit solidaires.
J'ai choisi de le faire de façon invisible car mon fil de lin est blanc et donc sur un fond bleu noir il serais fortement ressorti.

Puis, j'ai tendu des fils de soie de la longueur du col plus environs 60cm.
Pour de tels tissages je n'ai en général que 20cm de perte à la fin du tissage, mais avec 20cm, on ne peu rien faire alors que 60cm (ou 50 car il y a une absorbtion par le tissage) est une aiguillée convenable et alors peu servir pour de la couture ou de la broderie : ce n'est plus une perte. C'est ainsi que pour ce projet le fil de lin utilisé pour coudre est une "chute" du tissage des tourets.

J'ai tissé 2cm afin de stabiliser la tension et j'ai commencé à tisser en cousant.

Pour cette pièce j'ai choisi de faire un galon emboîtant, j'ai donc tissé en rond : je tissais toujours de gauche à droite en cousant de droite à gauche.
C'est plus long que de faire un simple tissé cousu car pour chaque fois que j'ai tassé, j'ai passé deux fois mon fil.
Coudre de droite à gauche

 Tisser de gauche à droite

J'ai commencé en empruntant une base à tisser à Tour et Détour


Et j'ai continué de façon plus traditionnelle accrochée à ma ceinture


Sur cette photo vous pouvez deviner ce qui se passe quand on arrive dans un coin : il faut accrocher un fil qui servira de tendeur au galon à la pointe du coin.

 Déconvenues et solutions:

Une fois le galon tissé, tous les fils rentrés, je l'ai fait essayé au propriétaire de la cotte. Et là HORREUR, impossible de passer la tête.
j'étais évidement partie sur un col raz de cou avec petit amigaut : au plus juste de ce qui pouvais passer mais :
_ le galon raidis le tissu, puisque les fils sont droits, il n'y a plus AUCUNE Elasticité : Un bon point car il ne se déformera pas à l'usage, un mauvais point car du coup la tête ne passe plus. Il faut donc y penser en coupant le col
_ Il ne faut pas oublier non plus qu'il y a une différence entre un galon tendu et un galon détendu. L'utilisation d'un métier est donc fortement déconseillé car il ne faut pas tisser trop tendu et régulièrement vérifier que l'on est pas en train petit à petit de réduire la taille de l'ensemble. Au final un fois détendu c'est comme si vous aviez travaillé de l'embu. Hors ce n'est pas le but souhaité.

Bref, j'ai tout démonté, et tout recommencé en faisant très attention.

Petits notas:

Petit nota 1 : Mais à quoi sers donc ma pierre à aiguiser? Et bien à aiguiser l'aiguille pardi. J'ai du la ré aiguiser 3 fois au cours du tissage.
(Parenthèse moderne, vous connaissez certainement ces pelotes d'épingles en forme de pomme rouge avec une petite fraise sur le coté? Mais savez vous ce qu'est cette fraise? Et bien c'est un petit sac de sable très fin qui servais à ré-aiguiser une aiguille ou un e épingle crochue ou ne faisant plus son office. Elle servais également à les débarrasser de leur rouille lorsqu'elles étaient réalisées en fer)

Petit nota 2 : La soie noire de Micky est splendide, nous avons choisi de l'utiliser car nous travaillons sur un personnage argenté. Cette teinture est réalisée avec de nombreux bains d'indigo (donc plus encore si il avais fallu partir de pastel) sur un pied de garance très soutenu. Autant dire que ce n'est pas à porté de toutes les bourses. Le plus impressionnant étant que pour le même traitement une de ses laines est noire noire, alors que l'autre est juste bleu marine. Il suffit que le mouton ne soit pas de la même race et il y a ainsi de grosses différences.


Photos de Séverine, de Mahaut et de Claire des Pérégrins. Merci de ne pas les utiliser sans permissions.

mardi 25 juillet 2017

Les robes médiévales

Quand vous tapez "robe médiévale dans google, parfois il y a de bon résultats, souvent il y a des robes d'un moyen age fantasmé, fantastique issue de l'imaginaire des dessins de conte de fée ou des visuels cinématographiques.

Lorsque quelqu'un choisi de porter ce type de robe, (ou de la fabriquer et de passer des heures à sa confection) c'est soit par choix de faire quelque chose de totalement imaginaire et là bravo c'est splendide.
 Soit parce que guidé par des moteurs de recherches ou par des personnes ignorantes, cette personne a choisi de faire une robe médiévale en s'impliquant et pense naïvement qu'elle est dans le bon. Hors là, en présentant ce type de robe en tant que "médiéval historique" et non "fantasmé", elle s'expose aux quolibets ou à la pitié de personnes qui ont fait les mêmes erreurs de débutant, qui ont vu leurs projets tomber à l'eau de la même façon et qui ont depuis fait de nombreuses recherches ou qui ont été remises dans le droit chemin par des âmes de bonne volonté.

Je ne sais pas d'où viennent ces robes, je pense à des gravures du XIXe détournées, redétournées et encore détournées.
Ce que je vous propose ici c'est de voir "qu'est-ce qui fait médiéval" dans ces robes, "qu'est-ce qui ne fait pas médiéval" et "vers qu'elle époque je dois me tourner pour faire quelque chose qui y ressemble parce que ça me plait"

Commençons tranquillement par une robe que j'ai moi même réalisé dans mes débuts avec l'aide de patrons du commerce (Butterick et Simplicity pour ne citer qu'eux en ont proposé quelques patrons)
Pour commencer les patrons moderne ne tiennent pas compte de l'optimisation des tissus et des patrons. Pour cette robe il vous sera conseillé d'acheter près de 8m de tissus alors qu'en faisant quelque chose y ressemblant avec les techniques médiévales 4 suffisent. 
Méfiez vous également des tissus : lin/chanvre ortie et soie blanc ou écru pour les dessous, laine ou soie pour le dessus, et pas de velours avant très tard (le coton est très particulier et n'est utilisé qu'en de rares exceptions)

 

1/ La coiffe boudin, recouverte d'un voile ou non. Éventuellement quelque part au XVem siècle sous une autre forme

Vous ne trouverez rien y ressemblant avant la fin du moyen age, la toute fin du XVem siècle.
Mais ce n'est pas un donnut en velour ou en satin. 
La forme est bien plus ample, ou plus travaillée. Non un simple boudin mais une forme reprenant l'ovale de la tête ou posé sur une coiffe lui donnant des formes spécifiques:

Le livre appellé Decameron, autrement le prince Galeot surnommé, qui contient cent nouvelles racomptées en dix jours par sept femmes et trois jouvenceaulx, lequel livre ja pieça compila et escripvi Jehan Boccace de Celtald en langaige florentin Auteur : Boccace. Auteur du texte Auteur : Laurent de Premierfait. Traducteur Date d'édition : 1401-1500

ou Super ample mais ici celà est très certainement une coiffe de fleur et de feuillages
Giovanni di Paolo (Italian, Siena 1398–1482 Siena) - The Presentation of Christ in the TempleGiovanni di Paolo (Italian, Siena 1398–1482 Siena) - The Presentation of Christ in the Temple


2/ L'emmanchure

Si vous prenez un patron moderne, vous aurez une emmanchure moderne! 
Les emmanchures au début du moyen age sont en général droite et non courbées, améliorées par des goussets.
A partir du XIIIe l'emmanchure commence à se courber mais on a toujours le gousset pour améliorer la forme
Au XIVe l'emmanchure approfondis vers le dos sur les tenues ajustées pour donner quelque chose qu'on appelle "grande assiette" on retrouve ce type de manche également au XVem mais pas uniquement.
Quoiqu'il en soit oubliez les manches modernes en une ou 2 partie avec un arrondi sur le haut de manche, si arrondi il y a c'est une pièce rapportée.

3/ Le col Carré

Si c'est ce qui vous plais dans cette robe, oubliez le moyen age, Passez à la renaissance!

Ah mais humhum,  oui bon d'accord, a quelle époque faites vous finir le moyen age?  en tout cas nous parlons là de tenues de la toute fin de siècle (1480) et après.

BONAVENTURE (saint), card. O.F.M. Vie et miracles de saint François d'Assise Auteur : Bonaventura (saint ; 1221?-1274). Auteur du texte Date d'édition : XVe siècle, vers 1480 Contributeur : Philip Augustus Hanrott. Ancien possesseur Type : manuscrit Langue :  Français
BONAVENTURE (saint), card. O.F.M. Vie et miracles de saint François d'Assise
Date d'édition :  XVe siècle, vers 1480 

4/La décoration au milieu des manches

Mais c'est quoi ce truc? Ohhhh oui c'est super joli, j'adore et ça cache bien les coutures.
Mais nous ne sommes plus en europe!
Bon effectivement on ne vous en voudra pas pour ça sur une robe XIe ou XIIe.
Mais certains vous dirons que même si on en trouve sur les enluminures de nos contrées, on ne le verrai que sur des personnages antiquisants ou orientaux.

Et puis, non, car en fait au XIIe c'est sur des hommes que l'on vois le plus souvent ces bandes.
Herrad von Landsperg, Aebtissin zu Hohenburg, oder St Odilien, im Elsass, im zwölften Jahrhundert und ihr Werk, Hortus deliciarum : ein Beytrag zur Geschichte der Wissenschafte, Literatur, Kunst, Kleidung, Wassen und Sitten des Mittelalters / von Christian Moritz Engelhardt 
 Hortus deliciarum fin XIIe

La deuxième hypothèse est la décoration de robe à manche courtes vers le IXe siècle, (d'ailleur qui aurais inspiré les enlumineurs du XIIe... comment ça c'est compliqué?).
Donc allez
Résultat de recherche d'images pour "psautier de stuttgart"
Psautier de stuttgart IXe (attention celui là est plein d'orientalismes!)



5/ La pointe sur la main

Argh, là franchement je ne sais pas! Peut-être des mitaines XIXe
https://museumrotterdam.nl/collectie/item/65828-1-2
http://europeanafashion.tumblr.com/post/101917169101/pair-of-embroidered-mitts-in-blue-silk-satin-and
et autres exemple, mais au moyen age NIET

par contre on a des manches trompette dans le dernier quart du XIVem

6/ La fausse manche (dessous) cousue

Non ceci non plus n'est pas médiéval. Ca existe par la suite mais aux différentes époques du moyen age, si manche doit se voir, elle est entièrement attachée à un vêtement : chemise, chainse, cotte etc


6/ La fausse manche bis

Le concept de fausse manche existe cependant au XVem siècle où on rapporte des manches complete mais seulement épinglées et donc changeables.
ATTENTION au XVe siècle elles sont EPINGLEES, les manches attachées par des laçage sont plus tardive (renaissance)

par exemple la dame à gauche porte une chemise, un corset rose (c'est une robe lacée) une robe à manche courte ou longues beige et de fausses manches souvent dans une matière bien plus précieuse vertes: 
Publius Terentius Afer, Comediae Andria; Paris Bibliothèque nationale de France MSS Latin 7907 A; ca 1407, 115r http://www.europeanaregia.eu/en/manuscripts/paris-bibliotheque-nationale-france-mss-latin-7907-a/en
Paris Bibliothèque nationale de France MSS Latin 7907 A; ca 1407, 115r http://www.europeanaregia.eu/en/manuscripts/paris-bibliotheque-nationale-france-mss-latin-7907-a/en

7/ La découpe princesse

PAS AU MOYEN AGE
NI PINCES NON PLUS

(Il existe quelque chose s'en approchant à la fin du XVem mais ce n'est PAS une découpe princesse!)

lundi 15 mai 2017

Recyclage

 Samaël 10 mois

Deux ans plus tard
Elisaé 18 mois

Entre les deux j'ai fini les ourlets
Photos de Tina Anderlini et de Fabrice Roundag

jeudi 11 août 2016

Cotte d'allaitement, de servante ou de nourrice XIIIe.

Non il n'y a pas d'erreur la longueur de la cotte est bien de 1m70 alors que je mesure 1m75.
La partie non cousue est sous le bras et non devant.
Le bouton sur l'épaule la date deuxième moitié du XIIIe. Le même patron avec un amigaut simple pourra être utilisée sur une periode plus large.


Bientôt un article sur la façon de la porter.

Des photos par ici
La chemise pour allaiter par là